Lanaudart logo Édition décembre 2022 / 81e édition
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Dans sa sixième année!
Mise à jour: 21 septembre 2022
Le Festival de Lanaudière de Joliette

Vers 1975, un bon nombre d’organismes musicaux fonctionnaient régulièrement à Joliette : un centre culturel dont dépendait la présentation des concerts, plusieurs écoles de musique, trois orchestres de jeunes, un camp musical d’été, un concours de musique régional, des chorales… un environnement musical était en place et attendait quelque chose de plus.

En 1977, une occasion se présente au directeur du Centre culturel, le Père Fernand Lindsay, Clerc de St-Viateur, de risquer trois concerts de l’Orchestre symphonique de Montréal pendant l’été, dans la Cathédrale de Joliette. L’accueil du public joliettain est bon. C’est le temps d’aller plus loin. Se souvenant des festivals qu’il avait fréquentés en Europe, quelques années auparavant, le Père Lindsay voit que le moment est venu de réaliser ce dont il avait rêvé. C’est alors que se joignent à lui deux alliés qui seront au cœur du développement du Festival pendant plusieurs années : Marcel Masse et René Charette.

Le Festival devient un véritable moteur de développement touristique et économique pour toute la région de Lanaudière. Mais il lui manque un outil indispensable pour accomplir pleinement sa vocation : un amphithéâtre extérieur. «Sa construction», affirme René Charette, président du Conseil, «représente une chance inouïe de conquérir un peu plus notre marché culturel en créant un centre d’excellence.»

En 1989, le Festival prend donc un tournant décisif avec ce nouvel amphithéâtre qui peut accueillir deux mille personnes sous le toit, et six mille sur les pelouses. Plusieurs artistes et plusieurs critiques musicaux qui ont vu tous les autres équipements du genre aux États-Unis ne tarissent pas d’éloges sur l’amphithéâtre de Lanaudière, en particulier sur sa réussite acoustique.

L’architecte Michel Gallienne, et ses collègues, le scénographe Yvon Sanche et l’acousticien Lionel J. Lortie, tous trois de Québec, ont vraiment créé une merveille; et de l’avis de tous, le cadre est enchanteur. «La musique s’est fait un nid dans Lanaudière et il en sortira de grandes choses», dit le Père Lindsay le soir de l’inauguration de l’édifice.

Avec la nomination d’une co-directrice artistique, Louise Forand-Samson, et d’un nouveau directeur général, François Bédard, les années 1990 consolident toujours davantage les succès antérieurs. La qualité des concerts est toujours maintenue, la participation populaire et la notoriété ne cessent de s’accroître de même que l’enthousiasme des critiques et des mélomanes. Le Festival international de Lanaudière s’est taillé une place enviable et un créneau original parmi les hauts lieux de diffusion musicale.

Quarante-cinquième Festival de Lanaudière
une relance internationale réussie

Avec quelques semaines de recul, l’équipe du Festival de Lanaudière réalise aujourd’hui à quel point son édition 2022 aura été marquante et charnière pour l’organisation. En plus d’être marqué par le retour d’orchestres et solistes internationaux, ce millésime 2022 a réuni une multitude de projets musicaux uniques, exclusifs et particulièrement ambitieux, comme on en voit dans les plus grands festivals du monde.

«Cette saison constituait un défi de taille… et il a été brillamment relevé!», lance avec fierté Renaud Loranger, directeur artistique du Festival. «Dans le contexte actuel, réunir une telle constellation d’artistes était certes ambitieux, mais c’est justement notre capacité d’agir comme carrefour de talents incontournables de la musique classique qui nous distingue à l’échelle du pays, et du continent. En plus des nombreuses – et longues – ovations et du succès critique de cette édition, nous retenons également l’enthousiasme des artistes suite à leur rencontre avec le public lanaudois. La magie du Festival opère, et tant le public que les artistes ne demandent qu’à revenir.»

Une année de nouveautés et de grandes premières

Dans un contexte de relance pour le milieu culturel, ce sont plus vingt-cinq mille festivaliers qui ont répondu présents du 30 juin au 7 août, pour savourer des moments musicaux d’exception. Plus de neuf cents musiciens ont foulé les planches du Festival, dont près de cent musiciens internationaux. Parmi eux, plusieurs donnaient leur premier concert au Canada, dont le pianiste Alexandre Kantorow, le violoniste Théotime Langlois de Swarte et la mezzo-soprano Lea Desandre. Par ailleurs, la majorité des artistes présentaient des programmes exclusifs au pays, tels que la rencontre au sommet des Violons du Roy, Marc-André Hamelin et Charles Richard-Hamelin, ou le weekend Beethoven de l’Akademie für Alte Musik Berlin.

L’édition 2022 du Festival de Lanaudière témoigne aussi de l’alignement du Festival avec des institutions internationales de premier plan. Le Festival a présenté la première québécoise d’une œuvre de Samy Moussa qu’il a commandée avec l’Orchestre Philharmonique de Vienne. Nous avons assisté au premier acte de La Valkyrie avec la même distribution qu’au Metropolitan Opera sous la direction de Yannick Nézet-Séguin. Finalement, nous avons eu la présence des Arts Florissants pour quatre concerts, en partenariat avec le Festival Dans les jardins de William Christie. Plus que jamais, le Festival joue dans la cour des plus grands!

«C’est une chance et un privilège inouïs d’avoir pu accueillir le grand maitre du baroque William Christie et son ensemble Les Arts Florissants pour quatre concerts remarquables», poursuit Renaud Loranger. «La création québécoise d’Elysium, commandée au compositeur québécois Samy Moussa, fut un autre jalon de cette saison exceptionnelle, tout comme le concert Rossini des ténors Michael Spyres et Lawrence Browlee, l’intégrale du Catalogue d’oiseaux de Messiaen par Pierre-Laurent Aimard, ou le retour attendu de Rafael Payare à la tête de l’OSM. Nous avons aussi présenté dans nos plus belles églises des concerts intimes d’artistes réputés foulant les plus grandes scènes de la planète. Puis, les ultimes concerts de notre été, confiés à Yannick Nézet-Séguin et l’Orchestre Métropolitain, furent notamment l’occasion des débuts chez nous de la sublime pianiste Hélène Grimaud. La saison 2022 marque le retour véritable du Festival à ses racines; c’est un jalon essentiel de son redéploiement.»

Au total, cette quarante-cinquième édition, présentée pour la toute première fois sur six semaines, réunissait quatorze grands concerts à l’Amphithéâtre Fernand-Lindsay, neuf concerts intimes dans les églises lanaudoises, quatre récitals dans le cadre de la nouvelle série Hors les murs et quatre films musicaux classiques en plein air. Témoignage de la qualité de la programmation, déjà deux concerts sont diffusés à l’international sur la plateforme medici.tv et trois concerts ont été captés pour diffusion ultérieure sur les plateformes de Radio-Canada.

Démocratiser la musique classique et se rapprocher de la communauté

Le Festival a également expérimenté avec la forme habituelle des concerts classiques pour offrir des expériences diversifiées à des publics variés. «Nous avons exploré cette année des lieux et des formats de concerts plus inusités, pour mettre en lumière la fantastique relève musicale québécoise. Que ce soit un concert avec une bière à la main dans l’entrepôt de l’Alchimiste Microbrasserie ou un récital intime dans une grange rustique dans un champ de courges à La Courgerie, le public a vécu des expériences hors du commun cet été. Ces concerts s’ajoutent à nos initiatives pour faire rayonner la richesse culturelle de notre région, notamment avec le projet Joliette Halte Culturelle, en partenariat avec le Musée d’art de Joliette, le Centre culturel Desjardins et le Festival Mémoire et Racines», rappelle Xavier Roy, son directeur général.

De plus, le Festival a ouvert une répétition de l’Orchestre Métropolitain, sous la direction de Yannick Nézet-Séguin, à plusieurs centaines de personnes liées à des organismes communautaires ou au milieu de la santé de Lanaudière. Un concert a également été offert aux résidents des Habitations Bordeleau.

Toujours plus présent auprès de la relève musicale

Pendant une semaine, six musiciens classiques de la relève québécoise ont ainsi pu rencontrer les artistes et gestionnaires culturels internationaux de passage au Festival. Ils y ont développé les outils et le réseau qui faciliteront le déploiement de leur carrière à l’échelle planétaire. L’initiative, qui en était à l’étape de projet-pilote, sera renouvelée l’année prochaine et est rendue possible grâce à la générosité de la Fondation Père-Lindsay et du Fonds Jacques-Martin.

La quarante-sixième édition du Festival de Lanaudière se déroulera du 7 juillet au 6 août 2023.

Le Festival de Lanaudière dévoile
la Maison de la musique René-Charette

Le Festival de Lanaudière annonce la création de la Maison de la musique René-Charette. Ce projet structurant contribuera aussi à la cohésion de la scène musicale lanaudoise grâce à une salle multifonctionnelle, une autre consacrée à la médiation culturelle, ainsi qu’une médiathèque permettant aux musiciens de la région de consulter les collections de partitions et disques du Père Lindsay. Il permettra l’accueil d’organismes musicaux de la région de Joliette.

Située au 165 rue Saint-Paul, au cœur de Joliette, elle deviendra le quartier général de la musique classique dans Lanaudière et aura une vocation multiple et à très vaste portée :

Favoriser la concertation du milieu musical de Lanaudière avec des lieux de création, résidence, production, diffusion et administration à prix abordables;

Offrir un endroit permettant des rencontres entre le public et les créateurs par des projets éducatifs avec des acteurs locaux ou en synergie avec eux;

Implanter un pôle d’expertise en éducation musicale pour une plus grande cohésion des efforts pour la formation d’une relève musicale.

La mise en chantier de l’édifice s’amorcera dans les prochains mois en vue d’une inauguration au début de 2023.

Épicentre musical et culturel

En vertu de ses espaces vastes et lumineux, la Maison de la musique René-Charette accueillera des activités culturelles contribuant à l’enrichissement individuel et collectif. Elle regroupera :

Une salle de spectacle d’environ cent places pour des récitals, enregistrements, répétitions, résidences de création, etc.;

Un espace adjacent pour des rencontres publiques, activités de médiation culturelle, conférences, etc.;

Une médiathèque de partitions et de disques pour les musiciens de la région;

Le siège social du Festival et d’organismes culturels partenaires.

Des partenaires qui s’engagent

Une telle initiative s’inscrit dans un exercice mené depuis deux ans par l’équipe du Festival pour positionner la région de Lanaudière comme le pôle indéniable de la musique classique au Canada. Le projet représente un investissement de deux millions et demi (2,5 millions$), incluant le don du bâtiment par M. Gérard Descheneaux, d’une valeur de sept cent dix-neuf mille dollars (719 000$), et une campagne de financement auprès de la communauté d’affaires, avec un objectif de neuf cent mille dollars (900 000$). De nombreux partenaires importants ont déjà répondu présents, dont le Fonds régions et ruralité, du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation du Québec, qui lui a octroyé cinq cent mille dollars (500 000$), et la Ville de Joliette, qui contribue au projet à hauteur de cent vingt-cinq mille dollars (125 000$). Plusieurs entreprises locales et nationales, fondations et mécènes individuels seront également annoncés dans un deuxième temps, lors du dévoilement des résultats de la campagne de financement.

Partenaire de la première heure, Desjardins est fier d’être associé à la grande salle de spectacle de la Maison de la musique René-Charette. «La salle Prélude enrichira notre communauté en permettant de vivre des moments privilégiés avec des acteurs d’ici et d’ailleurs dans différentes disciplines,» mentionne Joël Landry, directeur général de la Caisse Desjardins de Joliette et du Centre de Lanaudière.  En plus de la contribution de cent mille dollars (100 000$), attribuée par le Fonds d’aide au développement du milieu de la Caisse, le projet a bénéficié d’un appui de cent vingt-cinq mille dollars (125 000$) cette fois de la part du Fonds du Grand Mouvement. En participant à ce projet, nous démontrons, une fois de plus, notre engagement envers la culture dans notre région. En mon nom personnel et au nom du Mouvement Desjardins, je dis bravo et bon succès à ce nouveau lieu de diffusion de la culture. »

Projet structurant pour la région

Avec une telle initiative, le Festival de Lanaudière confirme son rôle de carrefour musical exceptionnel pour le Québec et l’international. Il vise en plus la démocratisation de la musique classique et l’éducation musicale pour la communauté locale.

«La Maison de la Musique, c'est le prolongement de la vision des fondateurs du Festival dans l'ici et maintenant: celle d'une interaction permanente, à longueur d'année, entre le Festival et la communauté dans laquelle il prend racine. Elle se veut pour tous un lieu d'éveil, d'exploration et de découverte, un lieu de rencontre et de participation à la vie culturelle de la région», explique Renaud Loranger, directeur artistique du Festival.

Fruit de la vision fédératrice du Festival, ce lieu sera résolument axé sur la musique classique. Il servira tant l’industrie musicale (musiciens, orchestres, entreprises, etc.) que le grand public. À l’échelle locale, elle favorisera l’engagement de la communauté par une programmation d’activités riche d’apprentissages et de découvertes toute l’année. «La Maison de la musique René-Charette sera le théâtre de rencontres entre le public, de musiciens amateurs et des musiciens professionnels», indique Xavier Roy, directeur général du Festival. «Elle consolidera aussi notre engagement auprès des jeunes, avec la mise sur pied d’un pôle d’expertise en éducation musicale.»

Hommage à un mélomane visionnaire

Le Festival de Lanaudière a reçu le don historique de cet édifice par l’homme d’affaires joliettain Gérard Descheneaux, fervent amateur d’art et ami du Festival depuis longtemps. La Maison de la musique René-Charette a été nommée en l’honneur d’un amoureux de musique classique, membre du trio des fondateurs du Festival (avec Fernand Lindsay et Marcel Masse) et instigateur de l’Amphithéâtre Fernand-Lindsay. Dès la fondation du Festival, René Charette y a été très impliqué, jusqu’à son dernier souffle le 4 juillet 2019. En accord avec la famille Charette, le Festival de Lanaudière trouvait important de souligner son immense héritage légué à la culture dans la région, dont le rayonnement dépasse aujourd’hui nos frontières.

La Fondation du Festival de Lanaudière
crée le Fonds Jacques-Martin

La Fondation du Festival de Lanaudière vient de créer le Fonds Jacques-Martin, afin d’honorer la contribution exceptionnelle de M. Jacques Martin au développement du Festival de Lanaudière et de sa Fondation. Ce fonds, démarré grâce à un capital de cent mille dollars (100 000$) de la Fondation, financera des initiatives du Festival qui encourageront de talentueux musiciens classiques émergents dans la poursuite d’une carrière professionnelle prometteuse.

«Ce fonds constituera un pont entre la formation universitaire et la vraie vie d’artiste», indique Jacques Martin, dont la famille a également contribué significativement au Fonds. Chaque année, le Festival en percevra les intérêts, puis ils seront investis dans des projets correspondant aux critères établis, en accord avec la famille Martin, principalement Jacques et son épouse Colette.

Bénéficiant d’un appariement des gouvernements fédéral et québécois, le Fonds pourra croître grâce aux donateurs désireux d’épauler l’épanouissement des talents musicaux classiques naissants du Québec et du Canada. Déjà, ils peuvent y démontrer leur encouragement envers la relève en versant un montant de leur choix au Fonds Jacques-Martin.

Jacques Martin : Trois décennies de dévouement

En portant son nom, cette initiative honore Jacques Martin pour son engagement profond, son apport inestimable et sa participation de plus de trente ans aux conseils d’administration du Festival et de sa Fondation.

«M. Martin a joué un rôle majeur dans la vie culturelle de Lanaudière», explique Éric Prud’homme, président de la Fondation du Festival. «En tant que maire de Joliette de 1982 à 1990, il a été à l’origine de nombreux projets mettant de l’avant la culture. Son engagement de cœur avec le Festival est immense. Et que dire de la durée! Il a toujours cru au grand potentiel de cet événement, et son amour de la musique l’a amené à soutenir l’important projet d’Amphithéâtre dans les années quatre-vingt.»

En 1993, Jacques Martin est devenu président du conseil d’administration du Festival de Lanaudière. Il a également participé à la création de la Fondation du Festival, dont il a été administrateur jusqu’en 2020, dans le but d’en assurer la pérennité. Après son départ, l’équipe souhaitait souligner son apport. «La musique a été centrale dans la contribution de la famille Martin à la région», rappelle Xavier Roy, directeur général du Festival. «Le legs de M. et Mme Martin aidera plusieurs musiciens émergents à déployer leur talent vers de riches carrières internationales.»

Le premier projet financé par le Fonds, dès cette année, permettra à six jeunes musiciens classiques prometteurs de passer quelques jours à Joliette pendant le Festival de Lanaudière. Ils y rencontreront notamment tous les artistes internationaux présents. Ainsi, ils pourront se développer un riche réseau dans le milieu de la musique, en plus de s’y produire lors d’un événement pendant le Festival. Également soutenue par la Fondation Père Lindsay, ainsi que d’autres partenaires de la région, l’initiative fera l’objet d’une annonce subséquente. «Ce premier projet nous enthousiasme beaucoup», lancent Colette et Jacques Martin. «Aider les jeunes musiciens dotés d’une grande réputation nationale à faire le saut à l’international, c’est dans nos cordes!»

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