Lanaudart logoÉdition juillet 2026 / 167e édition
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Dans sa dixième année!
Mise à jour: 13 juin 2026
Musée d'art de Joliette
Musée d'art de Joliette

Le Musée d’art de Joliette a pour mission d’acquérir, de conserver, de mettre en valeur et de diffuser des œuvres anciennes et contemporaines d’artistes québécois, canadiens et étrangers au moyen d’expositions et d’activités culturelles et éducatives.

La collection du Musée d’art de Joliette est aujourd’hui composée de huit mille cinq cents œuvres réparties en quatre collections : art canadien, art européen, art contemporain et archéologie. La politique d’acquisition ou de documentation du Musée, de même que ses nombreuses collaborations avec d’autres institutions du Québec, du Canada et de l’étranger, lui permettent d’atteindre ses objectifs de conservation de sa collection et de demeurer extrêmement dynamique sur le plan de la recherche.

S’adressant à un public de tous les âges, le Musée d’art de Joliette inscrit ses actions dans une démarche de démocratisation culturelle visant à rendre accessibles les connaissances émergentes dans le domaine des arts visuels. La diffusion de ces connaissances se concrétise par la mise sur pied d’expositions permanentes et temporaires ainsi que par la publication de catalogues, la mise en circulation d’expositions, la réalisation de projets hors les murs, le prêt d’œuvres d’art et un programme de visites commentées et d’activités éducatives et culturelles (conférences, rencontres-causeries, concerts, lectures publiques et voyages culturels).

Marie-Alice Dumont
Marie-Alice Dumont/En conversation avec Raymonde April

Marie-Alice Dumont (1892-1985) est reconnue comme l’une des premières femmes photographes professionnelles du Québec. Elle a conservé son studio à Saint-Alexandre-de-Kamouraska pendant plus de trois décennies, entre 1926 et 1961, faisant ainsi preuve d’une stabilité et d’une longévité rarement observées chez les femmes photographes tant au Québec qu’au Canada. L’exposition présente une sélection de photographies du fonds que possède le Musée du Bas-Saint-Laurent qui contient près de dix mille négatifs.

Mettant en lumière la trajectoire personnelle et professionnelle de Marie-Alice Dumont, cette exposition permet de découvrir le corpus important de cette photographe en dialogue avec celui de la photographe Raymonde April.

En effet, Raymonde April a été invitée, en amont de la présentation de l’exposition, à effectuer une résidence de recherche-création, dont le résultat est présenté à même l’exposition. L’approche à la fois documentaire et intimiste de cette artiste résonne avec l'œuvre de Marie-Alice Dumont.

Commissaire : ​Oriane A.-Van Coppenolle​

Du 20 juin au 7 septembre.

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L'art de perruquer
L'art de perruquer / Parallel Play

L'art de perruquer / Parallel Play rassemble seize artistes et duos d'artistes – réparti·e·s en deux lieux – dont les œuvres jouent avec les codes artistiques et institutionnels à partir de matériaux, de gestes et de références issus du quotidien. Cette réflexion sur la création et les espaces d’exposition se déploie grâce à une collaboration entre deux commissaires et deux institutions aux histoires distinctes, mais profondément ancrées dans leur communauté : la Galerie d'art Stewart Hall, nichée dans un ancien manoir reconverti en centre culturel, et le Musée d'art de Joliette, qui célèbre cette année son cinquantième anniversaire.

Le titre de l'exposition s'inspire du concept du «perruquage», décrit par Michel de Certeau dans son livre L'Invention du quotidien (1980). Ce terme renvoie au geste de l'ouvrier·ère qui détourne discrètement le temps, les outils et les ressources de son travail pour créer librement, à la manière d'un·e artiste. Un procédé créatif modeste, souvent invisible, mais qui résiste doucement à l'ordre et à l'usage prescrit des choses.

En écho à cette ingéniosité rusée, les artistes de L'art de perruquer / Parallel Play opèrent depuis «l'intérieur». Ces dernier·ère·s transforment les règles et les contraintes en opportunités afin de faire entrer, au cœur du musée et de la galerie, un banal qui, par des détours habiles, se charge de merveilles et de poésie. Objets familiers, éléments récupérés, bricolages, regards décalés : autant de matières et de manières par lesquelles l’intime et l’ordinaire s'immiscent dans l'espace, faisant du cadre institutionnel lui-même une matière de création.

Commissaires : ​Manel Benchabane et Ariane De Blois​

Les artistes : Zoe Ann Cardinal Cire, Patrick Cruz, Louis-Charles Dionne, Nicolas Fleming, Bernie Goulem, Jake Kimble, Marlon Kroll, Clara Lacasse, Mea Bissett et Selina Latour, Richard Ibghy et Marilou Lemmens, Frédérique Ulman-Gagné et Jacinthe Loranger, Fiona Nguyen, Studio Rat, Émile Riopel, Aman Sandhu, Jem Woolidge.

Du 20 juin au 7 septembre.

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Patrick Bérubé
Patrick Bérubé/(Ce)pendant

«La crise actuelle de la communauté est une crise de la résonnance. La communication numérique est composée de chambres d’écho dans lesquelles on s’entend avant tout parler soi-même.»

Byung-Chul Han, La disparition des rituels. Pour une topologie du temps présent, 2025, p. 21

L’espace minimaliste créé par Patrick Bérubé se déploie à travers des camaïeux de blancs et de roses, un ensemble subtil d’interventions in situ et d’objets. D’œuvre en œuvre, les tracés ainsi que les matériaux laissent deviner un travail précis des mains et du temps. Ces pièces ont pris forme au fil des mois, voire des années, au gré des expérimentations, des discussions et des rencontres avec des artisan·e·s et collaborateur·rice·s. La croissance du mycélium, la fabrication de la soie et des teintures naturelles, le tissage, la couture, l’embossage, la fonte et le moulage des matières : la délicatesse et la lenteur inhérente aux processus inspirent le respect, elles invitent à méditer le temps.

(Ce)pendant, première exposition individuelle muséale de Patrick Bérubé, agit comme une archéologie du présent, où les strates de l’histoire et les couches de significations s’accumulent. Les ruines, ensevelies ou à ciel ouvert, rappellent les héritages du passé, l’entrecroisement des peuples et des cultures. Les architectures enfouies sous les champs se révèlent à vue d’oiseau, motifs surnaturels qui évoquent autant les configurations fascinantes du monde végétal que les circuits électroniques. Artefacts par excellence de l’époque contemporaine, ils deviennent motifs, puis symboles de nos univers numériques.

L’environnement créé par Bérubé s’inspire des configurations traditionnelles des salons de thé japonais et de leurs cérémonies rituelles. Par essence, le rituel instaure un profond respect, une union presque spirituelle à la nature, aux objets et aux gens. La rencontre avec l’autre s’y fait dans le silence, dans le déroulement minutieux des gestes, qui produisent une «communauté en résonnance capable de trouver une harmonie et un rythme commun» (Han). Ici, l’artiste invite au repos contemplatif : éprouver la durée, regarder avec sincérité, entrer en résonnance avec les objets et les gens. Laisser l’âme se taire un moment pour laisser la place aux gestes partagés. Laisser de côté la performance de soi et le narcissisme collectif pour songer, peut-être un jour, à vivre dans une «coexistence intense». Penser ensemble une véritable communauté sociale et même un réenchantement du monde.

Après Autre/Fois présentée en 2024 au Centre d’art de Kamouraska, qui s’intéressait aux traditions et aux héritages culturels, (Ce)pendant est le deuxième volet d’une trilogie, dont la dernière exposition, Ainsi de suite, aura lieu à Plein sud art actuel à l’automne 2026.

Commissaire : ​Marianne Cloutier​

Du 20 juin au 7 septembre.

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Les îles réunies
Les îles réunies

Les îles réunies est l’exposition permanente du Musée d’art de Joliette. Rassemblant une centaine d’œuvres de la collection, cette présentation ne dispose d’aucune contrainte chronologique ou thématique. L’exposition met en relation tant des œuvres du XIVe siècle que des installations récentes. À travers les différentes disciplines des arts visuels, des créateurs tels Paul-Émile Borduas, Isabelle Hayeur, Ozias Leduc, et Guido Molinari y sont représentés et s’y donnent la réplique.

La magie de cette exposition réside dans le pouvoir d’interpellation des œuvres entre elles. Un détail d’une sculpture pourra, par exemple, trouver une correspondance dans une photographie disposée à proximité. Toute la finesse de la mise en espace et du jeu muséologique pourra y être admiré. Les îles réunies vous convie donc à une rencontre éphémère du passé et de l’actuel, dans un choc de sens et de significations.

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Claudie Gagnon
Le temps suspendu de Claudie Gagnon

Réalisée dans le cadre de la Politique d’intégration des arts à l’architecture, Collections, le temps suspendu est une installation de l’artiste multidisciplinaire Claudie Gagnon. Fixée au-dessus de l’escalier qui mène au toit du Musée, l’œuvre se compose de centaines d’objets en verre et en cristal. Suspendue à une plaque d’acier inoxydable polie, l’installation est rehaussée par un effet miroir saisissant. À la tombée de la nuit, Collections, le temps suspendu demeure visible de la rue, puisqu’un éclairage a été conçu en conséquence. Vue de loin, elle produit une nuée scintillante qui varie au gré de la lumière naturelle. Admirée en proximité, elle laisse place à l’observation de fins détails.

Mise en abîme de la fonction première du musée, Collections, le temps suspendu rassemble des centaines d’objets de brocante qui rappellent des artéfacts trouvés dans des cabinets de curiosités d’un autre temps. Les pièces ainsi regroupées sont issues de différents pratiques et métiers dont les sciences et les arts. Comme s’ils étaient figés dans le temps, ces objets composent une œuvre ludique qui interpelle l’imaginaire.

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Regards féministes sur la collection
Actions collectives : Regards féministes sur la collection

Cette exposition en salle est une reconfiguration d’une exposition virtuelle éponyme qui, dans sa forme originale, propose une lecture féministe de quatre-vingts ans (1942-2022) d’existence du Musée d’art de Joliette (MAJ) à travers quatre-vingts œuvres de sa collection permanente. Ce reploiement en mode plus intimiste au Musée agit comme contrepoids à la composition de la collection, qui ne compte aujourd’hui que 12 % d’œuvres réalisées par des femmes.

Sans prétendre à l’exhaustivité ni rendre compte de l’amplitude de l’histoire de l’art des femmes, l’exposition propose un parcours sélectif où chaque œuvre présentée est reliée à une année précise et à l’une des trois sections qui en orientent la lecture.

La première section retrace les choix esthétiques et plastiques des femmes artistes à travers l’histoire de l’art. La seconde rend compte de certaines transformations majeures entourant les conditions sociales des femmes, ainsi que l’engagement politique des artistes du Québec et d’ailleurs. La troisième dresse quant à elle une histoire des femmes propre au MAJ.

Certaines œuvres sont insérées en fonction de leur année de création alors que d’autres sont rattachées à un événement externe, tel qu’une manifestation politique, une exposition importante ou le moment de leur acquisition. Cette mise en contexte permet de jeter un regard élargi sur les œuvres tenant compte à la fois de l’entremêlement du social, de l’esthétique et du politique.

À partir d’œuvres de tout acabit, allant d’études préparatoires à des œuvres de fin de carrière, l’exposition rend visibles des récits parfois méconnus. En révélant des aspects sous-représentés et des absences, les recherches menées contribueront à éclairer le développement de la collection du MAJ pour les années à venir vers une représentation encore plus riche et diversifiée de la production des femmes artistes.

Si les femmes ont pris du galon à travers le temps, c’est qu’elles se sont engagées pour faire reconnaître leur valeur et dénoncer les iniquités à leur égard. La population s’est mobilisée et des femmes se sont regroupées pour acquérir une force collective, tant dans la sphère sociopolitique que dans le domaine des arts. Elles ont su faire changer les perceptions et prendre leur place. Cette exposition ainsi que l’histoire de la collection dévoilée mettent en lumière ce travail collectif mené au fil du temps pour célébrer l’art au féminin, chantier toujours en cours, car rien ne doit être tenu pour acquis.

Exposition permanente.

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