Lanaudart logo Édition juillet 2022 / 71e édition
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Dans sa sixième année!
Mise à jour: 12 juin 2022
Musée d'art de Joliette

Le Musée d’art de Joliette a pour mission d’acquérir, de conserver, de mettre en valeur et de diffuser des œuvres anciennes et contemporaines d’artistes québécois, canadiens et étrangers au moyen d’expositions et d’activités culturelles et éducatives.

La collection du Musée d’art de Joliette est aujourd’hui composée de huit mille cinq cents œuvres réparties en quatre collections : art canadien, art européen, art contemporain et archéologie. La politique d’acquisition ou de documentation du Musée, de même que ses nombreuses collaborations avec d’autres institutions du Québec, du Canada et de l’étranger, lui permettent d’atteindre ses objectifs de conservation de sa collection et de demeurer extrêmement dynamique sur le plan de la recherche.

S’adressant à un public de tous les âges, le Musée d’art de Joliette inscrit ses actions dans une démarche de démocratisation culturelle visant à rendre accessibles les connaissances émergentes dans le domaine des arts visuels. La diffusion de ces connaissances se concrétise par la mise sur pied d’expositions permanentes et temporaires ainsi que par la publication de catalogues, la mise en circulation d’expositions, la réalisation de projets hors les murs, le prêt d’œuvres d’art et un programme de visites commentées et d’activités éducatives et culturelles (conférences, rencontres-causeries, concerts, lectures publiques et voyages culturels).

Les îles réunies

Les îles réunies est l’exposition permanente du Musée d’art de Joliette. Rassemblant une centaine d’œuvres de la collection, cette présentation ne dispose d’aucune contrainte chronologique ou thématique. L’exposition met en relation tant des œuvres du XIVe siècle que des installations récentes. À travers les différentes disciplines des arts visuels, des créateurs tels Paul-Émile Borduas, Isabelle Hayeur, Ozias Leduc, et Guido Molinari y sont représentés et s’y donnent la réplique.

La magie de cette exposition réside dans le pouvoir d’interpellation des œuvres entre elles. Un détail d’une sculpture pourra, par exemple, trouver une correspondance dans une photographie disposée à proximité. Toute la finesse de la mise en espace et du jeu muséologique pourra y être admiré. Les îles réunies vous convie donc à une rencontre éphémère du passé et de l’actuel, dans un choc de sens et de significations.

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Le temps suspendu de Claudie Gagnon

Réalisée dans le cadre de la Politique d’intégration des arts à l’architecture, Collections, le temps suspendu est une installation de l’artiste multidisciplinaire Claudie Gagnon. Fixée au-dessus de l’escalier qui mène au toit du Musée, l’œuvre se compose de centaines d’objets en verre et en cristal. Suspendue à une plaque d’acier inoxydable polie, l’installation est rehaussée par un effet miroir saisissant. À la tombée de la nuit, Collections, le temps suspendu demeure visible de la rue, puisqu’un éclairage a été conçu en conséquence. Vue de loin, elle produit une nuée scintillante qui varie au gré de la lumière naturelle. Admirée en proximité, elle laisse place à l’observation de fins détails.

Mise en abîme de la fonction première du musée, Collections, le temps suspendu rassemble des centaines d’objets de brocante qui rappellent des artéfacts trouvés dans des cabinets de curiosités d’un autre temps. Les pièces ainsi regroupées sont issues de différents pratiques et métiers dont les sciences et les arts. Comme s’ils étaient figés dans le temps, ces objets composent une œuvre ludique qui interpelle l’imaginaire.

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Kevin Schmidt/Intercom

Pour cette exposition individuelle au Musée d’art de Joliette, l’artiste canadien Kevin Schmidt présente de récentes installations sculpturales et multimédias. En disloquant des techniques et des concepts associés au domaine du spectacle, l’artiste négocie les paramètres des sphères privées et publiques, dont les notions de propriété et de spéculation. Schmidt les transpose à l’économie du savoir en réalisant des œuvres dans un esprit du fait maison (DIY ou do-it-yourself), du code source ouvert (open source) et de récupération.

Les énormes enceintes de bois de l’installation DIY Hifi [Hifi fait maison] (2014-2018) sont basées sur les designs de Nelson Pass, disponibles gratuitement en ligne. L’acoustique de la salle d’exposition est transformée grâce à l’ajout de panneaux de dispersion sonore réalisés à partir de rebuts (meubles abandonnés, billots résiduels de l’exploitation forestière industrielle). Dans cette salle d’écoute pour audiophiles, un espace habituellement privé et réservé aux initiés, le public est invité à faire jouer leurs propres disques en vinyle. Pour l’œuvre How to Make an Off-grid Hydroelectric Light Show [Comment réaliser un spectacle de lumière hydroélectrique hors réseau] (2018), l’artiste a converti une machine à laver en génératrice hydroélectrique qui alimente un spectacle son et lumière en pleine nature. Dans un objectif de restitution et de contribution à une économie ouverte du savoir, le processus de création de la génératrice a été filmé, puis rendu disponible gratuitement en ligne sous forme de tutoriels. Tournée dans une clairière résultant d’une coupe à blanc, la vidéo conjugue exploitation capitaliste, économie culturelle et crise climatique.

Insatiable, le capitalisme étouffe nos environnements construits et naturels, personnels et collectifs, privés et publics. L’exposition de Kevin Schmidt suscite la réflexion en créant des rapprochements entre la pratique des arts, la propriété privée et la spéculation immobilière.

Du 18 juin au 5 septembre 2022.

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Samuel Roy-Bois/La vie est un outil comme un autre

Artiste de Québec installé en Colombie-Britannique depuis une quinzaine d’année, Samuel Roy-Bois rassemble pour cette exposition des œuvres issues de deux corpus indépendants. D’abord présentées par la Kamloops Art Gallery, les neuf photographies réalisées en 2016 lors d’une résidence en Allemagne captent chacune le bref instant où des objets banals tiennent en équilibre, formant des sculptures improbables. Les photographies viennent prouver que les assemblages, qui relèvent presque de la performance, aussi éphémères soient-ils, ont bien eu lieu. Étrangement, elles paraissent plus «réelles», plus irréfutables que la réalité qu’elles certifient. Les dizaines de sculptures récentes créées en taille directe ou formées par l’association de ce qui se trouve accessibles dans l’atelier ou dans l’environnement immédiat de l’artiste, élèvent quant à elles au rang d’œuvres d’art susceptibles de provoquer une expérience esthétique des matériaux autrement triviaux.

L’usage est ce qui différencie l’objet quotidien ou l’objet de design de l’œuvre d’art, traditionnellement conçue pour être appréciée par les sens et non pour remplir une fonction spécifique. Roy-Bois complexifie ces distinctions en détournant des objets utilitaires pour en faire des socles, des contrepoids ou tout simplement des composantes sculpturales en les positionnant d’une façon qui nie leur fonction. Il insiste ainsi sur le rôle déterminant que joue le contexte dans lequel se trouve un objet pour expliquer les comportements adoptés envers lui. N’est-ce que parce qu’ils sont exposés dans un musée que nous ne nous saisissons pas du seau posé au sol, que nous ne nous surprenons pas que le haut-parleur reste muet ou que l’imprimante, posée sur le côté, ne crache aucun document? Par ses œuvres, Roy-Bois souligne le pouvoir des institutions – les musées, mais aussi, plus largement, toutes les structures culturelles, technologiques ou physiques nous entourant – qui encadrent, voire formatent nos façons de nous conduire.

Créées en 2021 durant la pandémie, les nouvelles sculptures exposées au Québec pour la première fois sont le témoin des conditions très spécifiques ayant mené à leur conception. Leurs dimensions dépendent de l’espace de travail alors disponible ; leur fabrication est liée aux techniques maîtrisées à ce moment-là par l’artiste et des outils non spécialisés qui se trouvaient à portée de main, comme une scie à chaîne, des serres ou des vis; leur matérialité découle de rénovations effectuées dans sa maison, de la proximité avec une scierie ou encore de restes de productions antérieures, ici recyclés. Ces sculptures résultent d’une série de hasards et de coïncidences, de décisions prises dans un contexte où les moyens et ressources sont limités. Elles font réfléchir à l’idée de libre arbitre – le pouvoir d’agir à sa guise, suivant sa simple volonté – puisqu’elles exemplifient le fait que toute action est toujours tributaire de l’environnement dans lequel elle est s’inscrit. Si, en théorie, tout est possible, en réalité, notre capacité d’agir est déterminée par plusieurs facteurs largement hors de notre contrôle : le milieu dont on est issu, notre genre, nos moyens financiers, nos aptitudes, notre constitution physique, etc.

Ces œuvres s’apparentent ainsi à des portraits qui témoignent, matériellement, des possibilités offertes à l’artiste lors de ces quelques mois où il s’est rendu disponible, attentif aux opportunités offertes par son milieu de vie. Elles rappellent en un sens le rôle qu’on donne à la photographie, fixant sur le papier la mémoire d’un moment qui consiste en la somme des circonstances très précises permettant son avènement. Ces allers-retours entre sculpture et photographie, réalité tangible et virtuelle, accomplissements ou potentialités, ont nourri la pratique artistique de Samuel Roy-Bois ces dernières années, menant directement à la création des œuvres exposées à Kamloops, puis à la Fondation Esker à Calgary. Au Musée d’art de Joliette, ce sont les nouveaux débouchés de ces réflexions qui forment le cœur de l’exposition.

Cette exposition est organisée en collaboration avec Kamloops Art Gallery, où s’est tenu Presences [Présences] en 2019, un projet solo dédié à Roy-Bois. Ce projet a par la suite été présenté à la Fondation Esker, à Calgary, en 2020. La série photographique montrée ici a d’abord fait partie de cette première exposition.

Du 18 juin au 5 septembre 2022.

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Béatrice Balcou/Tenir le silence

La première exposition individuelle dédiée au travail de Béatrice Balcou au Québec rassemble des œuvres associées à chacune de ses séries importantes : les Cérémonies sans titre, les œuvres Placebo et les Pièces assistantes. À l’invitation du Musée d’art de Joliette, l’artiste s’est inspirée d’une œuvre de la collection pour créer une nouvelle cérémonie accompagnée de sa sculpture placebo. L’exposition lui a aussi servi d’impulsion pour approfondir la dimension sonore de son travail, alors que la pandémie nous forçait tous à repenser nos déplacements, affectant ainsi ses méthodes de travail. Présentée pour la première fois, cette pièce sonore se déclinera par la suite en une série à laquelle le MAJ participera.

Chacune des cérémonies performées par Balcou depuis 2014 entraîne la réalisation d’un placebo, soit une reproduction en bois reprenant le plus fidèlement possible les caractéristiques de l’œuvre d’un autre artiste. Le placebo permet de préparer la cérémonie qui consiste à exposer l’œuvre originale, après un entraînement visant à apprendre les gestes liés au déballage et à la manipulation. Avec cette performance réalisée dans le silence, Balcou s’efface paradoxalement en dirigeant l’attention des spectateurs sur le «rituel de l’exposition». Tout en restant essentielle au processus, elle devient secondaire face à l’œuvre d’un autre qui émerge de la noirceur des réserves pour apparaître brièvement au grand jour avant de retourner dans l’ombre.

Les cérémonies découlent en partie d’une fascination de Balcou pour le rituel japonais de la cérémonie du thé, dont la gestuelle allie lenteur, attention et concentration, des qualités qu’elle retrouve dans le travail patient et minutieux des techniciens, des restaurateurs ou conservateurs ayant la responsabilité de la préservation d’un objet d’art. Aux manipulations techniques, réalisées avec soin et respect, elle mêle une gestuelle plus personnelle qui souligne les détails de l’œuvre afin d’affiner les regards. Les cérémonies ne sont jamais documentées autrement que dans l’esprit des gens qui y ont assisté. La sculpture placebo, en bois, exposée dans un espace adjacent à celui où s’est effectuée l’action, sert ainsi en quelque sorte de mémoire à l’événement. L’œuvre sonore composée, entre autres, des bruits découlant d’une cérémonie joue un rôle similaire tout en suggérant d’autres modes d’attention permettant d’enrichir notre appréciation d’une œuvre d’art.

Les Pièces assistantes, exposées dans la salle dédiée à la collection permanente du MAJ, ont été réalisées par Balcou en écho à des œuvres ici absentes. Contrairement aux placebos, ces sculptures n’en reprennent pas la forme, mais répondent à un besoin énoncé par leurs créateurs. Elles visaient à soutenir – tant physiquement que conceptuellement – la démarche d’un autre artiste. Présentées seules, de manière autonome, elles font réfléchir au travail invisible des assistants d’artistes et autres collaborateurs dont le labeur n’est pas toujours reconnu. Privilégiant une position en retrait dans son travail artistique, Béatrice Balcou réalise des œuvres qui sont autant de rencontres avec des institutions, des créateurs, un public, dont l’objectif est de promouvoir une qualité d’attention qui va à contre-courant de la réalité d’aujourd’hui, favorisant la rapidité et le spectaculaire. Ce qui contribue à rendre sa démarche si singulière.

Du 18 juin au 11 septembre 2022.

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Vicky Sabourin/Le lys de ta peau

L’exposition Le lys de ta peau s’inscrit à la suite du projet Ce que les lys odorants tentent de camoufler, qui consistait à offrir aux visiteurs du Musée d’art de Joliette la possibilité de faire l’expérience, au Musée ou chez soi, d’un coffret d’odeurs créés par Vicky Sabourin.

À la suite de multiples décès qui sont survenus dans son entourage ces quatre dernières années, l’artiste s’est intéressée à la puissance d’évocation des odeurs qui, malgré leur caractère intangible et éphémère, ont la capacité de stimuler la mémoire. Décliné d’abord sous la forme d’une collection de fragrances auxquelles s’est ajouté un récit personnel publié en un livre d’artiste, le projet se poursuit maintenant avec la création d’œuvres photographiques, textiles et sculpturales présentées dans les aires de circulation du MAJ.

Ces œuvres agissent comme des memento mori, des traces matérielles rappelant le caractère fugitif de la vie. Certaines sont inspirées des possessions de ses proches, découvertes alors qu’elle vidait la maison partagée par sa grand-mère et son oncle : un rideau plein jour bleuté, dans la fenêtre de la chambre de sa grand-mère; un rideau à motifs, dans la chambre de son oncle, imprégné d’une odeur particulière de sueur et de tabac; une grille en fer forgé ornée de photographies, d’une note et d’un feuillage, trouvée dans le sous-sol. D’autres, tels une mèche de cheveux blancs, un bouquet funéraire de lys et une sculpture évoquant la tradition du masque funéraire, reprenant ici la main de sa grand-mère plutôt que son visage, sont associés à son expérience de deuil, dont elle cherche à figer l’intensité. En choisissant l’argile ou la céramique pour réaliser ses œuvres, elle évoque à travers leur matérialité le caractère fragile et évanescent des souvenirs, dont la vivacité s’atténue au fil des jours. L’argile, lorsqu’elle n’est pas cuite, s’effritera avec le temps et la céramique, malgré sa dureté, reste fondamentalement vulnérable.

Avec ce projet, Vicky Sabourin rappelle que c’est parfois à travers le partage honnête et sans filtre de ce que nous avons de plus privé que nous réussissons le mieux à toucher au collectif, ravivant, par le truchement d’émotions et d’expériences vécues, ce que nous avons en commun.

Du 18 juin au 11 septembre 2022.

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